Un quart des cancers du sein disparaissent spontanément!!!
Une étude des Archives of Internal Medicine a fait beaucoup parler d’elle ces derniers jours. En effet les auteurs y affirment que 22% des cancers du sein seraient en fait spontanément résolutifs. Pour arriver à cette conclusion ils ont réalisé une étude rétrospective des cas de cancers du sein découverts en Norvège avant la politique de dépistage instaurée en 95-96. Ils ont simplement pris un échantillon de femmes de 50 à 64 dans les 6 ans précédant le dépistage de masse, on additionné le nombre de cas de cancers du sein découverts dans cette période avec le nombre de cas dépistés à la première mammo (en 95-96 si vous me suivez bien). Ensuite ils ont regardé dans un autre groupe de femmes de 50-64 ans le nombre de cas dépistés dans les 6 premières années du dépistage de masse (entre 95 et 2002 environ).
Le premier chiffre est en fait de 22% inférieur au deuxième d’où leur conclusion: les 22% de différence viennent nombre de cas dépistés « abusivement » car ils auraient regressé d’eux-mêmes. Le raisonnement est logique mais les biais sont nombreux.
Le plus clair est: dans un cas les femmes n’ont qu’une mammo, dans l’autre elles en ont eu trois ou quatre. Dans un cas les femmes ont eu une mammo argentique au début des années 90, dans l’autre elles ont eu plusieurs mammo argentiques (ou numériques?) au début des années 2000.
Tout cela pour dire que les cas de cancers spontanément résolutifs existent bel et bien (environ un cas/100 000 tous types confondus) et qu’ils correspondent exceptionnellement à une rémission complète. En dehors de ces cas il existe des exemples plus connus et décrits depuis longtamps. Il s’agit principalement des neuroblastomes, hémopathies, de mélanomes ou de cancers rénaux (le mécanisme de ces derniers étant probablement immunitaire).
Bref, de quoi faire parler les journalistes généralistes mais guère plus..
The Natural History of Invasive Breast Cancers Detected by Screening Mammography.
Zahl PH, Mæhlen J, Welch HG.
Arch Intern Med. 2008 Nov 24;168(21):2311-2316.
Manuel RODRIGUES
Le Génotype de VEGF serait –il le facteur prédictif de réponse aux anti-angiogéniques de l’avenir ?
Dans l’état actuel des connaissances ; il n’existe aucun bio- marqueur qui pourrait prédire la réponse aux anti-angiogéniques. Il y a eu quelques tentatives qui n’ont pas aboutit, notamment l’étude de Jubb et al en 2006 qui a conclu que l’expression tumorale de VEGF n’était pas prédictive de réponse aux anti-VEGF.
L’objectif de cette nouvelle étude est de mettre en évidence des biomarqueurs génétiques de réponse, en évaluant le polymorphisme du génotype du VEGF et d’étudier la concordance entre ces différents génotypes et l’efficacité /toxicité des anti-angiogéniques. Ceci en s’appuyant sur l’étude E2100 , qui compare deux bras : taxol vs taxol+ bevacizumab en 1ère ligne thérapeutique dans les cancers du sein métastatique . le but étant de répondre à la question : A qui bénéficie le bévacizumab avec le moins de toxicité ? Les résultats montrent une OS médiane supérieure chez les génotypes VEGF 2578 AA et VEGF 1154 AA, et une HTA grade 3-4 inférieure dans les génotypes VEGF 634 CC et VEGF 1498TT .
Quand on compare HTA et efficacité : on trouve que parmi les allèles avantageux en survie aucun ne contient les allèles qui protègent contre l’HTA, ce qui laisse supposer que l’HTA sévère est associée à une meilleure survie. L’étude confirme d’autre part qu’il n’ya aucune association entre l’expression tumorale du VEGF et du VEGFR-2 et le devenir clinique des patientes sous bevacizumab. L’évaluation de l’efficacité s’est limitée dans l’étude à la survie globale, sans autres données sur la PFS ni la RR : la concordance entre survie et génotype du VEGF serait –elle un artéfact statistique ?
En tout cas, se baser sur le génotype pour prédire de l’efficacité de l’anti-VEGF semble plus complexe que prévu.
Journal of Clinical Oncology, Vol 26, No 28 (October 1), 2008: pp. 4672-4678 : Bryan P. Schneider et al.
SAFAE TERRISSE
METASTASES OSSEUSES : UNE SEULE FRACTION DE 8 Gy SUFFIT !
On estime qu’environ 50% des patients ayant des métastases osseuses auront recours à un traitement par radiothérapie externe à visée antalgique. Le schéma optimal de traitement n’est pas connu et en pratique chaque service a ses habitudes. Dans beaucoup d’institutions, le schéma fractionné tel que 30Gy en 10 fractions est privilégié.
L’équipe de Barcelone présente ici une étude prospective monocentrique randomisée comparant 2 schémas d’irradiation des métastases osseuses : 8 Gy en une fraction unique et 30 Gy en 10 fractions et 12 jours. Le critère principal de jugement était le contrôle de la douleur évalué par EVA. 160 patients ont été inclus dans cette étude entre 1999 et 2001. Le taux de réponse définit comme une EVA à zéro ou une diminution d’au moins 2 points par rapport à l’EVA de départ était de 75% et 86% dans les bras 8 Gy et 30 Gy. La toxicité aigue était identique dans les 2 bras. La seule différence significative entre les 2 traitements était le taux de ré-irradiation : plus élevé dans le bras 8 Gy (28% vs 2%).
Au final, les 2 schémas d’irradiation semblent identiques sur le contrôle de la douleur et il est intéressant à souligner que la durée médiane de réponse est identique dans les 2 groupes.
Randomized clinical trial with two palliative radiotherapy regimens in painful bone metastases: 30 Gy in 10 fractions compared with 8 Gy in single fraction. Palmira Foro Arnalot et al. Radiotherapy and Oncology 89 (2008) 150–155
Sophie HABERER