2009, Base de connaissance, Les revues de presse — 1 janvier 2009 12 h 00 min

Janvier 2009 – Un ANTAgoniste de la LHRH???

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L’AMM POUR LE PREMIER ANTAGONISTE DE LA GNRH DANS LE CANCER DE LA PROSTATE

Le 18.12.2008, l’Agence européenne du médicament (EMEA) a accordé au Degarelix une autorisation de commercialisation en Europe, suivie le 26.12.2008 par celle de la Food and Drug Administration (FDA) pour les Etats-Unis.

Cette AMM fait suite aux résultats de l’essai de phase III randomisé, publiés dans BJUI en décembre. The efficacy and safety of degarelix: a 12-month, comparative, randomized, open-label, parallel-group phase III study in patients with prostate cancer. Klotz L. et al. BJU Int. 2008 Dec;102(11):1531-8

Le Degarelix est le premier antagoniste de la GnRH utilisé dans le cancer de prostate. Il agit en bloquant les récepteurs de la GnRH, effondrant la LH et FSH et la testostéronémie en aval et induisant une castration.

Cet essai randomisé ouvert a comparé 3 bras (2 bras de Degarelix à des posologies différentes et un bras de Leuprolide/ Lupron Depot â – analogue de la LHRH- comme contrôle).

L’objectif de cette étude était de démontrer la non-infériorité du Degarelix par rapport à un analogue de la LHRH, pour obtenir une castration médicamenteuse pendant 1 an (soit testostéronémie < 0,5ng/ml) chez les patients porteur d’un cancer de prostate.

L’étude met en évidence que les 2 bras sous degarelix ont présenté une réponse de 97,2% et 98,3% vs 96,4% dans le bras contrôle.

Les auteurs soulignent la rapidité d’action du Degarelix avec, à J3, une testostéronémie effondrée dans 96,1 % et 95,5% pour les deux bras sous degarelix versus une action plus retardée dans le bras de l’analogue de la LHRH (avec la mise en évidence du phénomène de flair up initial, mais seulement 11% des patients bénéficiait d’un anti-androgène en association !). Il existe également une différence significative sur la vitesse de diminution du PSA à J14 et J28.

Sur le plan de la tolérance : le degarelix induit des bouffées de chaleur tout comme l’analogue de la LHRH, mais est responsable de plus de réaction aux sites d’injection sous cutané (40% vs 1%), et de plus de frissons.

Si nous disposons de ce nouvel agent dans l’arsenal médicamenteux autorisé pour le traitement hormonal du cancer de la prostate, beaucoup de questions restent en suspend : l’objectif biologique est atteint, nous n’avons pas de données à ce jour sur l’évolution clinique !

Laurence ALBIGES-SAUVIN

ET EN PRATIQUE CA DONNE QUOI ???

L’étude BOND a permis au cetuximab d’obtenir une AMM en association avec l’irinotécan dans les cancers colorectaux métastatiques échappant à une chimiothérapie à base d’irinotécan.

Le JCO publie une étude pragmatique qui se demande si les résultats de l’essai BOND sont reproductibles dans une population de patients non sélectionnés c’est-à-dire parfois en mauvais état général, parfois fatigué, bref nos patients du quotidien…

Eh bien oui, sur une population de plus de 1000 patients, les résultats sont positifs : le cetuximab associé à différents schémas d’administration de l’irinotécan permet d’obtenir des taux de survie sans progression et de survie globale proches de l’essai pivotal. La survie sans progression à 12 mois était de 61% et la survie médiane de 9.2 mois.

Sophie HABERER

J Clin Oncol. 2008 Nov 20;26(33):5335-43. Cetuximab plus irinotecan in heavily pretreated metastatic colorectal cancer progressing on irinotecan: MABEL Study. Wilke H et al.

AUTRE ASSOCIATION DANS LES CANCERS DE L’OVAIRE EN RECHUTE CHEZ LES PATIENTES PLATINOSENSIBLES ?

Le traitement des patientes atteintes de cancers épidermoïdes de l’ovaire (CEO) en rechute dépend essentiellement d’un facteur : l’intervalle de temps libre entre l’utilisation d’un sel de platine et la rechute. Lorsque cet intervalle libre est de plus de 6 mois, les patientes sont dites platino-sensibles et ont une probabilité de plus de 30% de répondre à une nouvelle ligne comportant un sel de platine. Chez ces patientes, 2 associations cytotoxiques ont démontré un bénéfice en termes de réponse et de survie par rapport à une monothérapie comportant uniquement un sel de platine : il s’agit de l’association carboplatine-gemcitabine (SSP de 8,6 mois versus 5,8 mois avec le carboplatine seul ; RR de 47,2% versus 30,9%) et de l’association paclitaxel-sel de platine (SSP de 13 vs 10 mois, et SG de 29 vs 24 mois, respectivement pour le bras association et le bras sel de platine seul). L’administration de ces deux protocoles se heurte à la lourde toxicité qui en découle, essentiellement hématologique avec la gemcitabine et neurologique avec les taxanes. L’association carboplatine-gemcitabine ne bénéficie cependant pas de l’AMM dans cette indication.

Matulonis et al rapportent ce mois-ci une étude de phase II menée de 2005 à 2007 dans 3 centres bostoniens évaluant l’impact de l’association pemetrexed (500mg/m2) – carboplatine (AUC 5) tous les 21 jours pour un maximum de 8 cycles, chez des patientes en rechute d’un CEO, platino-sensibles. 45 patientes en bon état général (PS 0-1) ont été incluses. Il s’agissait de patiente lourdement prétraitées : toutes avaient déjà reçu une association taxane – sel de platine en adjuvant et 50% avaient reçu 1 ou 2 lignes de chimiothérapie depuis la rechute. L’objectif primaire était le taux de réponses tumorales selon les critères RECIST : celui-ci était de 51,1% (aucune réponse complète). La survie sans progression médiane était de 7,6 mois et la survie médiane n’était pas atteinte après un suivi de 15 mois. Côté tolérance, les toxicités observées étaient essentiellement hématologiques (toxicité hématologique de grade 3/4 : 41% de neutropénie, mais aucune neutropénie fébrile ; 23% de thrombopénie et 9% d’anémie). Les autres toxicités de grade 3 étaient d’ordre digestives, générales (asthénie) et de façon surprenante, allergiques (36% des patientes ont présenté une allergie grade 3 au carboplatine).

Ces résultats sont intéressants car semblent du même ordre que ceux obtenus par les deux associations précédemment décrites. Sous réserve d’une validation par une étude de phase III, cette association pourrait avoir un intérêt notamment chez les patientes présentant une toxicité neurologique aux taxanes.

Hélène MARIJON.

Matulonis UA, et al. Phase II study of carboplatin and pemetrexed for the treatment of platinum-sensitive recurrent ovarian cancer. J Clin Oncol 26:5761-5766, 2008

PfistererJ, et al. Gemcitabine plus carboplatin compared with carboplatin in patients with platinum-sensitive recurrent ovarian cancer: an intergroup trial of the AGO-OVAR, the NCIC CTG, and the EORTC GCG. J Clin Oncol 24:4699-4707, 2006

The ICON and AGO Collaborators. Paclitaxel plus platinum-based chemotherapy versus conventional platinum-based chemotherapy in women with relapsed ovarian cancer: the ICON4/AGO-OVAR-2.2 trial. Lancet 361:2099–2106, 2003

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